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Grippe aviaire et pandémie : informations

Qu’est-ce que la grippe aviaire ?

La grippe aviaire, ou grippe du poulet, est une infection due à un virus de la famille des Orthomyxoviridae qui comprend plusieurs genres (ou types) dont Influenzavirus A. Celui-ci est divisé en sous types parmi lesquels les sous-types H5 et H7. Cette infection peut toucher presque toutes les espèces d’oiseaux, sauvages ou domestiques. Elle peut être fortement contagieuse surtout chez les poulets et les dindes, et est susceptible d’entraîner une mortalité élevée dans ces espèces. Le virus Influenza aviaire peut éventuellement infecter d’autres espèces animales comme le porc ou d’autres mammifères. On parle d’épizootie de grippe aviaire lorsque la maladie affecte brutalement un grand nombre d’animaux à la fois dans une région donnée.

Qu’appelle t-on une pandémie grippale ?

Une pandémie grippale se définit comme une forte augmentation dans l’espace et dans le temps des cas de grippe humaine qui finit par diffuser à l’ensemble des pays, accompagnée d’un nombre important de cas graves et d’une mortalité élevée. Elle résulte de l’introduction dans l’espèce humaine, le plus souvent à partir d’un réservoir animal, d’un virus grippal complètement nouveau, vis-à-vis duquel la population n’est pas encore immunisée.
Exemples : grippe espagnole de 1918-1919, pandémie de 1968

Comment se transmet le virus chez les animaux ?

Le virus se transmet essentiellement par contamination aérienne (secrétions respiratoires) soit par contact direct, notamment avec les sécrétions respiratoires et les matières fécales des animaux malades, soit de façon indirecte par l’exposition à des matières contaminées (par l’intermédiaire de la nourriture, de l’eau, du matériel et de vêtements contaminés). Les espaces confinés favorisent la transmission du virus.

Quels sont les risques pour l’homme ?

Le virus de la grippe aviaire de type A (H5/N1) peut se transmettre de l’animal à l’homme. Le phénomène observé depuis janvier 2004 en Asie confirme l’existence de plusieurs cas de transmission de ce type.
La contamination est aérienne et se fait essentiellement lors de contacts étroits, prolongés et répétés dans des espaces confinés avec des sécrétions respiratoires ou des déjections d’animaux infectés, par voie directe ou indirecte (surfaces et/ou mains souillées par les déjections).

Les personnes les plus exposées sont celles qui travaillent ou interviennent dans une zone contaminée, en particulier :
- les éleveurs et leur famille quand elles résident à proximité des élevages,
- les techniciens de coopératives et les vétérinaires,
- les équipes d'intervention et de ramassage des carcasses (équarrisseurs), etc.

Une transmission secondaire d’homme à homme est possible mais reste exceptionnelle. 
Une transmission du virus aviaire à l’homme, possible mais exceptionnelle, risque de favoriser, chez une personne déjà contaminée par le virus de la grippe humaine, des échanges de matériel génétique entre ces deux virus. Un tel réassortiment génétique peut engendrer l’apparition d’un nouveau type de virus susceptible de s’adapter plus facilement à l’homme. Ce mécanisme faciliterait la transmission inter-humaine de ce nouveau type de virus avec un risque d’épidémie voire de pandémie, comme cela s’est déjà vu dans le passé.
La transmission inter-humaine du virus de la grippe se fait par voie respiratoire lors d’éternuements, de toux, etc. et est d’autant plus importante que le milieu est confiné (transport en commun, collectivités, etc.).

Y a-t-il un risque de contamination lié à la consommation de volailles ou d'oeufs ? 

Rappelons tout d’abord l’interdiction, au sein de l’Union européenne, d’importer des volailles vivantes, des viandes de volaille depuis les pays les plus touchés.
La transmission du virus Influenza aviaire s’effectue par voie aérienne. Selon l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA), le risque de contamination de l’homme par ingestion de viandes ou d'oeufs infectés est considéré comme faible voire négligeable : d’une part, l’infectiosité des virus influenza est détruite très rapidement à des températures supérieures à 60°C (pendant 5 minutes à 60°C, 1 minute à 100°C). D’autre part, dans l’hypothèse d’une ingestion de viande de volaille ou d'oeuf contaminés et crus, le virus serait détruit par l’acidité du liquide gastrique.

Quels sont les signes cliniques de la maladie chez l’homme ?

Après une durée d’incubation pouvant aller jusqu’à sept jours selon l’OMS, la maladie se présente d’abord comme une grippe banale (fièvre supérieure à 38°C associée à des maux de gorge, des douleurs musculaires et des troubles respiratoires comme une toux), mais elle s’aggrave rapidement du fait de troubles respiratoires sévères.

Quels sont les traitements pour l’homme ?

Le vaccin contre la grippe humaine saisonnière qui est élaboré chaque année, ne protège pas contre le virus de la grippe aviaire. Le vaccin dirigé contre le virus H5/N1 actuellement observé en Asie (appelé vaccin pré-pandémique) pourrait être utilisé pour vacciner d’une part les professionnels de santé qui traiteraient les personnes malades en provenance d’Asie, d’autre part les professionnels en contact avec un élevage français touché par le virus actuellement en circulation en Asie. En cas de pandémie, ce vaccin ne serait efficace que si le nouveau virus est proche du virus pré-pandémique actuellement connu (H5/N1).
Un vaccin efficace ne pourra être fabriqué que lorsque la souche du virus responsable de la pandémie sera connue et isolée. Le délai de fabrication serait de plusieurs mois à partir du début de la pandémie.
Il n’y a pas de traitement préventif contre la grippe aviaire ; néanmoins, dans certaines circonstances particulières, un traitement anti-viral post-exposition par oseltamivir (Tamiflu®) pourrait être proposé. Les autorités sanitaires préparent un plan d’utilisation de ces médicaments.
Le traitement curatif est quant à lui avant tout symptomatique. Des traitement anti-viraux, oseltamivir (Tamiflu®), permettent d’atténuer les symptômes et les complications de la maladie. Il n’est efficace que s’il est administré dans les 48 heures après le début des symptômes. Les autorités sanitaires préparent un plan d’utilisation de ces médicaments. Les antibiotiques, inactifs sur les virus, ne sont utilisés qu’en cas de surinfection bactérienne.

Actions des pouvoirs publics

Un délégué interministériel sur cette problématique a été désigné dès septembre 2005 pour coordonner les différentes actions des pouvoirs publics français.

Les mesures prises par les autorités françaises sont de deux types :
- des mesures visant à limiter l’extension de la maladie dans les élevages touchés : elles sont prises par les services de la Direction générale de l’alimentation (DGAl) du Ministère chargé de l’agriculture,
- des mesures visant à éviter les risques de transmission du virus influenza aviaire à l’homme et ses conséquences possibles, et graduées en fonction de l’évolution de la situation épidémiologique en France.

Plan ministériel

Un premier plan ministériel de lutte contre une pandémie grippale d’origine aviaire a été diffusé en mai 2005. Ce plan a été réactualisé en janvier 2006 et 2007 puis en avril 2009, afin de tenir compte des évolutions de la maladie et des niveaux d'alertes et de recommandations définies par l'Organisation Mondiale de la Santé en mai 2005 ainsi que des enseignements tirés des exercices de simulation de pandémie menés en 2006 en France.

Ce plan est articulé en trois parties :
* principes d'action et dispositions d'organisation,
* fiches d'aide à la décision,
* tableau récapitulatif des mesures, précisant les ministères chargés de les préparer et de les mettre en oeuvre.


Quelques exemples de mesures

En cas d'épizootie de grippe aviaire, ces mesures sont de trois types et s’adressent aux personnes les plus exposées, c’est à dire celles qui travaillent ou interviennent dans une zone contaminée :
- mesures de protection et d’hygiène individuelle, visant à éviter tous risque de transmission du virus influenza aviaire à l’homme dans l’exploitation affectée (outre les recommandations émises par les services vétérinaires comme la mise en place de pédiluve à la sortie des bâtiments contaminés, le port de combinaison et de masques de protection, etc.), notamment : le lavage fréquent des mains à l'eau et au savon puis rinçage à l’eau, surtout dès la sortie des exploitations, le lavage puis la désinfection des bottes à la sortie des exploitations,
- mesures de protection individuelle, visant à prévenir l’infection par le virus Influenza aviaire chez l’homme : un traitement prophylactique antiviral serait donné sur prescription médicale aux populations les plus exposées dans l’exploitation affectée par la grippe aviaire, 
- mesures de protection collective, visant à limiter le risque de réassortiment génétique : une vaccination contre le virus de la grippe humaine (vaccin inactivé de la saison en cours) des populations les plus exposées serait décidée par les autorités sanitaires.
Par ailleurs, une société est capable d’intervenir dans des délais très brefs afin de procéder à la destruction des animaux contaminés.

Enfin pour se préparer à une pandémie grippale, des stocks de masques, d’anti-viraux et de vaccins "H5N1" se constituent.


Communication

Les sites internet gouvernementaux mettent à disposition des internautes des informations actualisées sur ce dossier.
Un site dédié au grand public permet à tout un chacun de se préparer à une situation de pandémie.



Sites à consulter :
http://www.grippe-aviaire.gouv.fr/monquotidienenpandemie/index.php
http://www.grippeaviaire.gouv.fr
http://www.civ-viande.org
http://www.afssa.fr
http://www.agriculture.gouv.fr

Documents à télécharger :
Plan pandémie grippale
Fiche G1 pandémie

 

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