Hygiene - Qualite - Consommation
Glucides : rapport de l'AFSSA

Contexte de la mise en place d’un groupe de travail "Glucides et santé"

Après avoir travaillé et émis des recommandations sur la consommation de sel, l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA) a décidé d’engager une réflexion sur l’ensemble des nutriments pouvant jouer un rôle dans la survenue de maladies (diabète, obésité, maladies cardio-vasculaires, etc.).

L’AFSSA a mis en place un groupe de travail sur les glucides ayant pour objectif de dégager les relations entre la consommation de glucides et les différentes pathologies nutritionnelles dans une approche de santé publique. Composé d’experts en nutrition (médecins, chercheurs, …) et de représentants de l’Administration et d’associations de consommateurs, le groupe de travail a mené à bien la mission qui lui a été confiée de août 2003 à octobre 2004.

Objectifs du groupe de travail

Dix objectifs avaient été fixés au groupe de travail :
 - Définir les glucides : définition et biochimie des glucides ; définitions des notions de glucides lents et rapides, de glucides simples et complexes ; définitions réglementaires des glucides et des sucres ; teneur en glucides des aliments ;
- Caractériser l’offre des produits sucrés en distinguant les différents types de glucides apportés par l’alimentation ;
- Etudier l’évolution des modes de consommation des glucides au plan quantitatif comme qualitatif ;
- Examiner plus spécifiquement la consommation de glucides chez les enfants et les adolescents ;
- Etudier les effets physiologiques et métaboliques à court terme des différents types d’aliments contenant des glucides et examiner les données récentes entre consommation de glucides et diabète ;
- Evaluer si les modes de consommation des produits sucrés ont une influence sur le métabolisme énergétique et sur l’absorption d’autres nutriments ;
- Etudier la relation entre glucides et états de santé (obésité, diabète, carie dentaire, …) et les limites et biais de ces études ;
- Définir et établir la validité scientifique de l’index glycémique ;
- Proposer des recommandations aux différentes catégories de population afin de respecter les apports optimaux des différents glucides ;
- Donner des informations au consommateur pour ajuster sa consommation de glucides.

Constats et recommandations du groupe de travail

En France, 19% des enfants et 41% des adultes sont concernés par des problèmes de surpoids ou d’obésité. Ces chiffres sont en constante progression depuis 1997, ce qui est très préoccupant en particulier chez les jeunes.
Le diabète (de type II) est lui aussi en constante progression.

Depuis 15 ans en France, la consommation des principaux aliments vecteurs de glucides simples "ajoutés" (boissons gazeuses, jus de fruits, desserts lactés, biscuits, confiseries) a fortement augmenté, à l’exception des fruits, du lait et du sucre de table, aliments contenant naturellement des glucides simples.
Dans le même temps, la consommation d’aliments principaux vecteurs de glucides complexes tels que le pain ou les pommes de terre a diminué, même si cette diminution est nettement ralentie.

Même si la tentation peut être grande de faire un lien entre ces deux constats, le groupe de travail sur les glucides a reconnu qu’il était difficile, au travers des différentes études examinées, d’établir une relation claire entre la consommation de glucides simples et l’incidence ou le développement de l’obésité, du diabète, des maladies cardio-vasculaires et des cancers chez l’adulte.

Cependant, le groupe de travail a émis des recommandations sur les glucides :

- Clarifier les termes utilisés (glucides, sucres, etc.), afin d’améliorer l’information des consommateurs. Ainsi le groupe de travail a retenu trois termes : glucides complexes (amidon, oligosaccharides, polysaccharides non amylacés), glucides simples (monosaccharides et disaccharides comme le saccharose, le glucose et le fructose) et glucides ajoutés (à distinguer des glucides naturellement présents dans un aliment) ;
- Limiter les apports énergétiques totaux (un apport de glucides totaux avec une part plus importante sous forme de glucides complexes de 50 à 55% de l’apport énergétique total est recommandé) et augmenter l’activité physique ;
- Ne pas donner une limite de consommation de glucides simples, afin de ne pas pénaliser les aliments naturellement riches en glucides simples mais réduire de 25% sur 5 ans l’apport de glucides simples ajoutés ;
- Encourager la consommation d’aliments riches en glucides peu ou pas raffinés tels les produits céréaliers complets, les légumineuses, les fruits et les légumes ;
- Lutter contre le grignotage, en particulier d’aliments riches en glucides simples et éventuellement en lipides ;
- Consommer les glucides sous forme solide plutôt que liquide ;
- Informer et éduquer les consommateurs en matière de nutrition, notamment au travers d’un étiquetage nutritionnel clair et compréhensible par tout-un-chacun pour tous les aliments (pré-emballés ou non) ;
- Réaliser des suivis de consommation sur les glucides, notamment grâce à une étude sur 5 ans portant sur l’évolution qualitative et quantitative des teneurs en glucides dans plus de 500 produits de grande consommation.

Le groupe de travail a reconnu que certaines de ses recommandations auraient un coût non négligeable mais a indiqué qu’il ne fallait pas oublier que les frais médicaux induits par les maladies chroniques en pleine expansion étaient très élevés et le deviendraient davantage si on n’enrayait pas la croissance de l’obésité et du surpoids chez les enfants grâce à une alimentation saine et équilibrée.



Bibliographie : 
Rapport de l'AFSSA "Glucides et santé : état des lieux , évaluation, recommandations" - octobre 2004.

Site à consulter
http://www.afssa.fr

Document à télécharger : 
Synthèse des travaux de l'AFSSA sur les glucides

 

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