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Escherichia Coli 0157 :H7

Le genre Escherichia comprend cinq espèces : Escherichia blattae, Escherichia coli, Escherichia fergusonii, Escherichia hermanii et Escherichia vulneris.
Escherichia coli est caractérisé par une grande diversité antigénique. Trois antigènes de surface sont décrits et pris en compte : les antigènes O somatiques (171 au total), les antigènes K capsulaires (74) et enfin les antigènes H flagellaires (56). 
Bactérie généralement commensale de la microflore bactérienne normale du tube digestif de l’homme et de la plupart des animaux à sang chaud, E. coli peut également être à l’origine de pathologies extra-intestinales (méningites, infections urinaires) ou intestinales. Les principaux pathotypes intestinaux, décrits en fonction des signes cliniques engendrés et des facteurs de pathogénicité exprimés, sont : les E. coli entérotoxinogènes (ETEC), les E. coli entéropathogènes (EPEC), les E. coli entéroinvasifs (EIEC) et les E. coli entérohémorragiques (EHEC). E. coli O157:H7 appartient au pathovar EHEC.

Pathogénicité 
 
Au cours des années 1980, E. coli O157:H7 est devenu un pathogène émergent responsable à la fois de cas sporadiques c'est-à-dire isolés et de cas épidémiques de diarrhées souvent sanglantes pouvant évoluer vers des pathologies plus graves comme le Syndrome Hémolytique et Urémique (SHU) et le Purpura Thrombotique Thrombocytopénique (PTT).

Statut épidémiologique

Il existe une variation saisonnière marquée de l’infection, les épidémies les plus nombreuses interviennent l’été et au début de l’automne. Les enfants de moins de 5 ans et les personnes âgées de plus de 65 ans sont les classes d’âges les plus touchées. Aux Etats-Unis selon le CDC (Center for Disease Control and Prevention d’Atlanta), il y aurait chaque année plus de 20 000 cas et au moins 250 décès liés à E. coli O157:H7, mais ces chiffres seraient sous estimés étant donnée l’incapacité de nombreux laboratoires à détecter E. coli O157:H7.
Aux Etats-Unis, en 1999 le taux de SHU (syndrome hémolytique et urémique) était de 1,6 pour 100 000 par an et par enfant de moins de 5 ans et de 0,8 pour 100 000 par an par enfant de moins de 15 ans avec des variations géographiques importantes. Le taux de mortalité est de 5 % pour les enfants. En Europe, la fréquence des SHU (syndrome hémolytique et urémique) est de 1 à 2 pour 100 000 par an en Allemagne, 0,4 à 0,9 pour 100 000 en France et 0,3 pour 100 000 en Italie. En France, le sérotype O157:H7 était à l’origine en 1998 de 45 % des cas de SHU déclarés.

Réservoir

Les ruminants et notamment les bovins sont considérés à l’heure actuelle comme le réservoir principal de E. coli O157:H7. Néanmoins, cette bactérie a été retrouvée dans l’intestin de nombreuses autres espèces animales (porcs, volailles, chiens, chats, mouettes, cerfs ...). Le portage sain chez les bovins est très variable ; 5 à 20% des animaux seraient porteurs sains. Le portage est plus important chez les animaux jeunes (veaux après sevrage, jeunes bovins de boucherie) que chez les animaux âgés. Le portage dépend de plusieurs facteurs dont le principal semble être la conduite alimentaire du troupeau (existence d’un sevrage brutal, modification de la teneur protéique de la ration, ...).

Dose infectieuse  

Le nombre de bactéries nécessaires pour produire l’infection semble être bas et la maladie peut apparaître après l’ingestion de moins de 100 bactéries.

Mode de transmission  

Les trois principales voies de contamination sont l’ingestion d’aliments ou d’eau contaminés, la transmission oro-fécale de personne à personne et le contact direct avec les animaux (notamment les bovins). Aux Etats-Unis, depuis les 5 dernières années, les différents modes de transmission se répartissent comme suit : alimentaire 66 %, inter-humaine 20 %, par l’eau de boisson 8 %, lors de baignades 4 % et par contact direct avec les bovins 2 % (Griffin, 2000).

Période d'incubation

Elle varie de 1 à 14 jours suivant l’âge des malades, la virulence des souches et la dose ingérée.

Transmissibilité

Les souches d’ E. coli O157:H7 émises dans les selles sont directement infectantes (transmission inter-humaine fréquemment citée). La dissémination se fait par les animaux et l’homme qu’ils soient malades ou porteurs sains, notamment par contamination indirecte par la matière fécale avant tout des produits d’origine animale avec en premier lieu des steaks hachés de boeuf insuffisamment cuits, les produits laitiers (le lait cru et les fromages au lait cru), les ovo-produits (mayonnaise). Mais des produits d’origine non animale contaminés par les matières fécales sont de plus en plus souvent incriminés : cidre artisanal de pommes, laitues, pommes de terre, pousses de radis, etc ... D’autre part, le milieu extérieur représente une source importante, notamment avec l’eau (baignade en lac ou pataugeoire contaminée par de la matière fécale d’origine humaine, ou eau de boisson insuffisamment chlorée, etc ...).

Sensibilité aux médicaments (antibiotiques, antiparasitaires etc...)

Aucune résistance aux antibiotiques n’a encore été citée.

Sensibilité aux désinfectants  

La bactérie est sensible à la majorité des désinfectants. Elle est inactivée par des moyens physiques tels que les traitements thermiques de type pasteurisation et les rayonnements ionisants (5 KGy).

Vie et survie dans l'environnement

La survie est importante (jusqu’à 10 mois dans le fumier et la matière fécale).

Prophylaxie

Aucune prophylaxie spécifique n'est recommandée en dehors des recommandations habituelles de prévention des infections à dissémination fécale. Ces recommandations s'appliquent particulièrement aux très jeunes enfants et aux personnes étant en contact avec des sujets ou des animaux contaminés ou potentiellement contaminés (personnel médical et paramédical, éleveurs, vétérinaires).



Sites à consulter : 
http://www.sante.gouv.fr
http://www.invs.sante.fr
http://www.anses.fr

 

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